Stigmates de guerres

Les deux dernières guerres mondiales ont laissé des traces dans Paris, qui heureusement - pour la plupart - ont disparu avec le temps. Celles qui résistent encore aujourd'hui sont soit anecdotiques, soit bien cachées. Et tout l'intérêt de cette visite est de savoir les retrouver, parfois même de les identifier.

TOUS LES LIEUX

En jaune, les lieux les plus intéressants

1Porte Dauphine

45, avenue du Maréchal Fayolle - 75016 Paris

Près de la Porte Dauphine, dans un cadre verdoyant, se cache l’un des derniers blockhaus de Paris. Construit en 1941, il abritait alors un poste de commandement de la marine allemande. A partir de 1952, l’explorateur Paul-Emile Victor s'y installe pour préparer ses expéditions au Pôle Nord. Il s’en servira pendant près de cinq décennies.

Aujourd'hui, le blockhaus est abandonné, en attente d'une nouvelle affectation.

2Boulevard de Clichy

120, boulevard de Clichy - 75018 Paris

Encore un exemple de statue déboulonnée et fondue : celle du philosophe Charles Fourier.
La stèle vide est aujourd'hui occupée par une grosse pomme, oeuvre du sculpteur italien Franck Scurti.
Auparavant, elle avait supporté pendant quelques années une cabine de verre de type téléphonique, installée là par un collectif alternatif.

3Rue de Choiseul

15, rue de Choiseul - 75002 Paris

Dans la nuit du 30 au 31 janvier 1918, les Gothas allemands prennent pour cible Paris. 28 appareils lâchent chacun dix bombes de 10, 50 ou 100 kg sur la capitale. Heureusement, grâce aux défenses anti-aériennes, seulement 11 atteignent leur cible. Ce raid fait 61 morts, 198 blessés et d’importants dégâts dans la Capitale.

4Madeleine

Place de la Madeleine - 75008 Paris

Sur la façade postérieure de l'église, l'évangéliste St Luc est privé de sa tête, décapité par un obus de canon allemand, le jour de la Fête Dieu le 30 mai 1918. Heureusement pour lui, son taureau n'a pas subi le même sort.

5Concorde

Place de la Concorde - 75008 Paris

En août 1944, la place de la Concorde est le théâtre de violents combats pour la libération de Paris. Plusieurs traces sont encore visibles aujourd'hui.

Sur la façade de l'hôtel de Crillon d'abord, on peut remarquer que la cinquième colonne en partant de la droite est un peu plus foncée que les autres. Cela est dû à un malheureux quiproquo : alors que les combats font rage, des coups de feu sont tirés depuis l’hôtel. Quelqu'un s'écrie : "C’est la 5ème colonne" pour signifier qu’il s’agit sans doute d’un tireur allemand embusqué. Un char présent sur place fait alors feu sur ladite 5ème colonne. Elle sera  reconstruite, mais avec un matériau différent, ce qui explique la différence de teinte.

A l'extrémité de la rue de Rivoli, au dessus de la sortie du métro Concorde, on voit des impacts de balles sous la statue du lion.
Juste à côté, sur la gauche, dix plaques commémoratives sont alignées. Elles ne reflètent qu'en partie l'âpreté des combats pour la libération de Paris, qui ont fait plus de 1000 morts.

Au niveau du 3 de la rue St Florentin, en face, on trouve aussi des impacts de balles.

Et enfin, juste à côté même si c'est dans un autre contexte, on peut voir devant le n°1 de la rue Royale un avis de Mobilisation Générale datant du 1er août 1914.

6Ministère de la Défense

231, boulevard Saint-Germain - 75007 Paris

L’ancien ministère de la Guerre, qui abrite aujourd’hui l’état-major des Armées, garde sur ses murs les traces de la Première Guerre Mondiale, en particulier des bombardements de Paris par les Gothas allemands le 11 mars 1918.

7Louvre - Porte Jaujard

Jardin du Carrousel - 75001 Paris

Dans la Cour Napoléon, au Louvre, tournez le dos à la Pyramide et dirigez-vous vers le Jardin des Tuileries. Sur la gauche, vous voyez deux lions en bronze couchés, gardant la Porte Jaujard. Sur l'un d'eux, vous verrez un impact de balle datant de la Libération de Paris en août 1944. Bien net, bien rond.

8Grand Palais

3, avenue du Général Eisenhower - 75008 Paris
A la Libération, en août 1944, le Grand Palais est le théâtre de combats intenses. Il est même incendié par les occupants. Le bâtiment garde des traces de ces combats sur ses façades : surtout sur celle donnant sur la Seine et celle en face du Petit Palais.

9Palais de Justice

10, quai des Orfèvres - 75001 Paris

A l'angle du boulevard du Palais et du quai des Orfèvres, sur la façade du Palais de Justice : plusieurs impacts datant de la Libération de Paris en août 1944.
Et toujours boulevard du Palais, mais à son autre extrémité, sur l'autre rive, à l'angle avec le quai de l'Horloge : d'autres impacts, moins visibles mais bien présents, au niveau du 2ème étage.

10Hôtel-Dieu

15, rue d'Arcole - 75004 Paris

Le 19 août 1944 au matin, les résistants de la FFI reprennent le contrôle de la Préfecture de police. A 14h30, les Allemands décident de riposter et envoient des renforts avec de l’armement lourd. Un de leurs chars s'engage rue d’Arcole et tire deux obus de calibre 88 mm, qui terminent leur course sur la façade latérale de l'Hôtel Dieu. Les traces des deux impacts sont encore visibles aujourd'hui.

11Rue de Rivoli

12, rue de Rivoli - 75004 Paris

Au dessus de la porte, une plaque commémorative du bombardement allemand du 12 avril 1918 au matin. Un obus avait alors éventré une conduite de gaz faisant en nombre important de victimes.

12Luxembourg

Jardin du Luxembourg - 75006 Paris

Pendant l'Occupation, le Palais du Luxembourg est occupé par l'état-major général de la Luftwaffe. A la Libération, il est donc le théâtre d'intenses combats dont on peut encore voir les traces aujourd'hui.

Sur la façade du théâtre de l'Odéon d'abord, côté rue de Vaugirard : une inscription gravée dans le mur rappelle cet évènement.
Dans la jardin ensuite, sur la stèle de la statue de Stendhal proche de l'entrée principale du boulevard St Michel, on voit des impacts de balles.
Sur la façade de l'école des Mines aussi, au 60, boulevard St Michel, on voit d'importantes traces de mitraillage et deux plaques commémoratives.
A l'angle du boulevard St Michel et de la rue Auguste Comte enfin, d'autres impacts sur le mur du bâtiment.

A noter que sur l'école des Mines sont également visibles des traces du bombardement allemand du 30 janvier 1918, rappelé par une plaque commémorative sur le trottoir en face, au 81, boulevard St Michel.

13Préfecture

9, rue de la Cité - 75001 Paris
A la Libération, le 19 août 1944, la Préfecture est un des premiers bastions parisiens repris aux Allemands. Les combats seront néanmoins féroces et dureront jusqu'au 25 août.
On en trouve les traces sur la façade de la Préfecture, au dessus de l'entrée principale.

14Hôtel de Ville

29, rue de Rivoli - 75004 Paris

Le 20 août 1944, l'Hôtel de Ville est libéré sans trop de difficulté par les FFI et quelque 200 agents résistants. Cette libération donne malgré tout lieu à des combats dont on trouve aujourd'hui la trace, à l'angle de l'esplanade et de la rue de Rivoli. Une plaque commémore cet évènement.

15Quai de Seine

6, quai de la Seine - 75019 Paris
Le 23 mars 1918 au matin, les Allemands entament une campagne de tirs sur Paris avec leurs Paris Kanonen, connus en France sous le nom de Grosse Bertha.
Le premier obus tombe sur cette maison du quai de Seine. Une plaque le rappelle.
Les tirs se poursuivront jusqu'en août 1918.

16Boulevard de Port Royal

119, boulevard de Port-Royal - 75005 Paris
La maternité de la Maison d'accouchement Baudelocque est bombardée le 11 avril 1918 par les mêmes canons de longue portée, connu sous le nom de Grosse Bertha.
Le bombardement provoque d'importants dégâts, et cause la mort de 20 victimes.
Une plaque commémore ce triste épisode, sur le mur de l'hôpital.

17Place de l'Ile de Sein

Place de l'Île de Sein - 75014 Paris

Sur cette petite place, une stèle vide. Elle recevait avant la guerre une statue de François Arago.
Erigée en 1893, elle est démontée et fondue, comme l'exige la loi d'occupation du
 11 octobre 1941 obligeant au démontage des statues et à leur fonte pour en faire des armes.
La stèle vide porte aujourd'hui un des 135 médaillons de bronze qui matérialisent le tracé du méridien de Paris, redéfini par Arago en 1806. C'est une initiative d'un artiste néerlandais - Jan Dibbets - qui a mis ça en place en 1994. Malheureusement, aujourd'hui, pas mal de ces médaillons ont été volés.

18Square Jacques Antoine

3, place Denfert-Rochereau - 75014 Paris

Sur la place Denfert-Rochereau, on trouve la stèle vide de Raspail, dans le square Jacques Antoine : un autre exemple d'une destruction de statue pendant l'Occupation.

2018-01-31 14:00:00