Serge Gainsbourg

Le 2 avril 1928, le petit Lucien Ginsburg voit le jour à Paris. Ses parents - juifs et artistes tous les deux - ont fui, dès 1919, le bolchevisme et l’antisémitisme montant en Russie. Lucien est timide et réservé, quoiqu'un peu polisson. Très vite, il montre un talent certain pour la peinture, et envisage sérieusement de devenir artiste.

TOUS LES LIEUX

En jaune, les lieux les plus intéressants

1Hôtel-Dieu

1, place du Parvis de Notre-Dame - 75004 Paris

Lucien Ginsburg et sa sœur jumelle Lilianne naissent à l’Hôtel-Dieu le 2 avril 1928.
Ses parents - Joseph Ginsburg et Olia Besman - sont des immigrants juifs d’origine russe. Ils ont quitté leur pays natal en 1919, pour fuir la révolution bolchevique et rejoindre le frère d’Olia, installé à Paris.

Lucien Ginsburg passe les quatre premières années de sa vie au 35, rue de la Chine, près de Belleville et de Ménilmontant.

2Rue Chaptal

11 bis, rue Chaptal - 75009 Paris

En 1932, la famille déménage 11 bis rue Chaptal, au 3e étage. Lucien a 4 ans.
C’est là que va s'opérer son éveil artistique. Ses parents sont des passionnés d’art et ils écoutent fréquemment les grands compositeurs : Debussy, Stavinski, Chopin.
Serge va à l'école maternelle juste en face, au 12 de la rue.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la famille quitte Paris pour Limoges. Elle revient à la fin du conflit, et demeure à cette adresse jusqu'en 1947.
Une plaque a été posée en souvenir en 2016

3Rue Blanche

9, rue Blanche - 75009 Paris

Lucien va à l'école de la rue Blanche pendant 5 ans, de 1934 à 1939. C'est un enfant timide.
Sur place, en contournant l'école sur la gauche, rue de la Trinité, on peut voir les armoiries de la ville de Paris, sur le bâtiment en hauteur.

Plus tard, Lucien est scolarisé au lycée Condorcet. Mais il est en échec scolaire, et abandonne ses études avant le bac.

4Ecole des Beaux Arts

14, rue Bonaparte - 75006 Paris

En 1940, Joseph Ginsburg inscrit Lucien à l’Académie de peinture de Montmartre, située 104, boulevard de Clichy dans le 18ème. Il est alors en classe en 5ème.
Lucien découvre la peinture et s’avère être un enfant habile techniquement. Cette 
première étude est interrompue par la fuite de la famille en janvier 1944 vers Limoges.

Lucien reprend les cours dès son retour à Paris en 1945. Il a 17 ans.
Il s'inscrit en architecture à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, rue Bonaparte. Il y découvre les cours d’André Lhote et de Fernand Léger. 

Il arrêtera ces cours en 1947, date à laquelle il rencontre celle qui va devenir sa première femme : Elisabeth Levitsky. Il l'épouse - au Mesnil le Roi - en 1951... avant de divorcer en 1957.

5Avenue Bugeaud

55, avenue Bugeaud - 75016 Paris

En 1946, la famille Ginsburg achète un appartement au 55, avenue Bugeaud.
Lucien, qui a 19 ans, rêve de devenir peintre et s’installe dans la chambre de bonne attenante à l'appartement, au-dessus. Il en fait une pièce à vivre, tente d’apprendre la guitare et continue à pratiquer la peinture.
Sa fibre artistique ne s’éteint pas.

6Schola Cantorum

269, rue Saint-Jacques - 75005 Paris

En septembre 1947, ayant arrêté les Beaux-Arts, Lucien s’inscrit à  l’Ecole normale de musique de Paris, située 114 bis, boulevard Malesherbes dans le 17ème. Il y suit les cours de solfège et d’harmonie, car il a pris la décision de devenir compositeur de chansons.

La même année, Lucien rencontre Lise Lévitsky. Elle est locataire à la Schola Cantorum : école de chant et de musique religieuse, où les élèves peuvent dormir. Au grand dam de son père, Lucien vient l'y rejoindre jusqu'en novembre 1948, date de son incorporation sous les drapeaux.

Le couple reviendra plusieurs fois à cette adresse par la suite. En particulier entre 1953 et le printemps 1955. Cette fois la chambre sera plus grande, et disposera d'un piano. 
En souvenir, une salle de l'établissement porte aujourd'hui le nom de Serge Gainsbourg.

7Rue de l'Université

88, rue de l'Université - 75007 Paris

En 1948, Elisabeth Levitsky est la secrétaire de Georges Hugnet, poète surréaliste.
Grâce à lui, elle s'installe dans l'appartement de Salvador Dali, au 88 rue de l'Université, au premier étage.
L'anecdote dit que Lucien y découvrira le luxe d'une chambre tapissée de noir, décor qu'il reproduira 
vingt ans plus tard dans son appartement de la rue de Verneuil.

88, rue de l'Université
88, rue de l'Université

8Rue Royer-Collard

14, rue Royer-Collard - 75015 Paris

En décembre 1949, Lucien revient du service militaire, où il dira plus tard avoir découvert l'éthylisme.
Avec Elisabeth, il s'installe dans un hôtel, au rez de chaussée du 14 de la rue Royer-Collard.

Les jours ne sont pas glorieux, seule Lise travaille et Lucien nourrit toujours ses rêves de peinture. 

En juillet 1952, Lucien et Elisabeth, jeunes mariés, continuent leur vie de bohème et échouent pour quelques temps à l'Hôtel St André des Arts, situé au 66 rue Saint-André des Arts dans le 6ème arrondissement. Au 5è étage.

9Madame Arthur

75, rue des Martyrs - 75018 Paris

C’est chez Madame Arthur, cabaret du XVIIIe arrondissement, que Serge Gainsbourg monte pour la première fois sur scène, en 1954.
Il remplace son père en tant que pianiste, puis y compose la plupart de ses chansons entre 1954 et 1956. Il en deviendra ensuite le chef d’orchestre. Il se fait alors appeler Julien Grix.

Cette adresse est célèbre pour ses numéros burlesques assurés par des travestis. La légende raconte donc que le premier interprète de Gainsbourg fut donc un travesti : Lucky Sarcell.

10Rue du Beaujolais

5, rue de Beaujolais - 75001 Paris

Au Milord l'Arsouille, le jeune Lucien a une révélation en voyant Boris Vian sur scène en 1954.
Dès l'année suivante, il se produit lui-même dans ce cabaret mythique : pour accompagner les chanteurs à la guitare, et pour interpréter son propre répertoire dont le désormais célèbre "Poinçonneur des Lilas". 
Fermé depuis 1965, le cabaret se situait dans les caves du 5 rue du Beaujolais.

A partir de 1957, Lucien dépose ses premiers titres à la SACEM sous le nom de Serge Gainsbourg. Il explique que le prénom Serge fait allusion à la Russie et que les lettres A et O ont été ajoutées à son nom d’origine, en souvenir de tous les enseignants qui ont écorché le nom des Ginsburg.

11Rue Eugène Labiche

6, rue Eugène Labiche - 75016 Paris

En 1956, Serge et Elisabeth occupent une chambre de service, au sixième étage d’un bel immeuble bourgeois au 6 rue Eugène Labiche. Au moment d’emménager, ils sont obligés de faire monter leur piano par l’escalier de service, en pièces détachées.

Lucien et Lise finissent par divorcer en 1957. Cela ne les empêche de continuer de se voir régulièrement, entre deux conquêtes amoureuses.
Elisabeth retrouve alors son ex dans la boutique hippie qu'elle tient rue des Canettes. "Quand il vient dans ma boutique, rue des Canettes, je baisse le rideau et nous descendons dans la cave, loin des regards" racontera-t-elle des années plus tard.

12Boulevard Blanqui

94, boulevard Auguste Blanqui - 75013 Paris

Le 17 février 1958, Serge Gainsbourg passe sa première audition aux studios Philips, boulevard Auguste Blanqui.
Quelques semaines plus tard, il enregistre dans ces studios "Le poinçonneur des Lilas".
Lieu a pris aujourd'hui le nom de Salle Colonne.

94, boulevard Auguste Blanqui
94, boulevard Auguste Blanqui

13Les trois Baudets

64, boulevard de Clichy - 75018 Paris

En 1958, Serge Gainsbourg se produit aux Trois Baudets, 64 boulevard de Clichy.
Dans ce cabaret réputé de la rive droite, fondé en 1947 par Jacques Canetti, Serge fait ses premières armes dans la revue « Opus 109 » peu après la sortie de son premier 33 tours dans lequel on retrouve "Le poinçonneur des Lilas", "Douze belles dans la peau", "Ce mortel ennui", "Ronsard 58", ou encore "La recette de l’amour fou".

14Mairie du VIIIème

3, rue de Lisbonne - 75008 Paris

Le 7 janvier 1964, en fin d’après-midi, à la mairie du 8 arrondissement, Serge épouse Françoise Antoinette Pancrazzi - dite Béatrice - dont il a fait la connaissance en 1958.

15Rue Tronchet

12, rue Tronchet - 75012 Paris

Antoinette Pancrazzi - la seconde femme de Serge - est issue de la haute bourgeoisie et sa famille a fait fortune dans le foncier.
Aux antipodes de sa première épouse, elle
 lui propose le confort d'une vie cossue et d’un appartement de standing derrière la Madeleine, au 12, rue Tronchet, 6ème étage avec balcon sur la rue Vignon.

Seul problème : elle est extrêmement jalouse et le couple rompt au bout de deux ans, avant de se reformer furtivement en 1968.
Il donnera naissance à deux enfants : Natacha 
et Paul.

16Cité internationale des Arts

18, rue de l'Hôtel de ville - 75004 Paris

De décembre 1965 à fin 1967, Serge vit dans un petit studio universitaire qui abrite ses amours avec Brigitte Bardot au dernier trimestre de 1967. Il se situe au 5ème étage de la Cité internationale des arts, à coté de l'Hôtel de Ville, chambre 8527.

Fin 1967, après sa rupture avec Bardot, Serge quitte la Cité et retourne vivre chez ses parents, rue Bugeaud.

17Hôtel Esmeralda

4, rue Saint-Julien le Pauvre - 75005 Paris

En février 1968, Serge croise Jane Birkin sur le tournage de "Slogan". Cela ne se passe pas bien au début, et il faut un dîner organisé par le réalisateur Pierre Grimblat pour que leur relation s'améliore.

Jane loge alors à l'hôtel Esmeralda.
Un soir, Serge va la chercher pour l’emmener dîner chez Maxim’s. C’est en la voyant descendre l'escalier tortueux et sans âge de l'hôtel qu'il serait tombé amoureux d'elle.
Serge et Jane s'échangent leur premier baiser sur le port de Montebello, au pied de Notre-Dame. Cette scène a été immortalisée dans le film biographique sur Serge : "Gainsbourg, Vie Héroïque".

Et l'hôtel Esmeralda abritera, ce soir-là, la première nuit d'amour du couple.

18Rue de Verneuil

5 bis, rue de Verneuil - 75006 Paris

Serge Gainsbourg emménage dans cette maison en 1969 après plus d'un an de travaux.
Il y habitera pendant 22 ans. Avec Jane et Charlotte jusqu'en 1980, puis seul après leur rupture, jusqu'à sa mort d'une crise cardiaque, le 2 mars 1991.

C'est là qu'à la fin de sa vie, il vivra une dernière histoire d'amour avec une jeune admiratrice de 15 ans : Constance Meyer.

C’est là aussi qu'il a composé ses plus sublimes chansons et y a façonné, au fil des années, un univers esthétique unique peuplé de milliers d’objets et de souvenirs.
Le bâtiment a été conservé tel qu’il était à l’époque de Serge Gainsbourg. Rien n’a bougé. Même les derniers mégots de Gainsbarre sont toujours dans le cendrier. La façade est entièrement décorée avec des tags et des dessins à l’effigie de Gainsbourg.

Il faut noter que quelques années auparavant, la rue de Verneuil avait déjà marqué la vie de Serge Gainsbourg.
A l'été 1962, il avait été invité par Juliette Gréco qui habitait au 33 de la rue.
Au cours de la soirée, il avait composé "La Javanaise", qui deviendra l’un de ses plus grands succès.

19Rue des Beaux-Arts

13, rue des Beaux Arts - 75006 Paris

C'est à l'Hôtel, au 13 rue des Beaux-Arts que Serge Gainsbourg compose "Melody Nelson" en 1971.
Il y occupe une chambre avec Jane Birkin le temps que les travaux dans sa nouvelle maison - rue de Verneuil - s'achèvent.
Il y restera un an. C’est là que sa fille, Charlotte, fait ses premiers pas.

20Studio Ferber

56, rue du Capitaine Ferber - 75020 Paris

Ouvert en 1973, ce studio a vu Gainsbourg enregistrer ses BO de films - "Je Vous Aime" par exemple - et de nombreuses réalisations artistiques.

On a longtemps pu s'asseoir dans le mythique "canapé Gainsbourg", offert au directeur des lieux -  René Ameline - en 1979 lors de l’enregistrement de l’album de Jacques Dutronc "Guerre et pets" réalisé par Serge Gainsbourg.
Ce canapé a aujourd'hui disparu.

21Le Palace

8, rue du Faubourg Montmartre - 75009 Paris

Le Palace est une scène particulière pour Serge Gainsbourg.
Fin 1979, après 15 ans d'absence sur scène, c'est là qu'il décide de faire son come-back : dans le temple disco de la nuit parisienne. En plein scandale "Aux armes et cætera".

Quelques années plus tard, porté par le succès de son album “Love on the Beat”, notamment auprès des jeunes générations, Serge enchaîne 5 semaines au Casino de Paris à l'automne 1985. Un véritable triomphe !
Des concerts où il traverse toutes les périodes de sa carrière.

Et en mars 1988, Serge se produit au Zénith pour 7 concerts.
Il reprend ses titres les plus connus et crée trois inédits "Hey Man Amen", "You you you but not you" et "Seigneur et saigneur".

22Hôtel Raphaël

17, avenue Kléber - 75016 Paris

Vers la fin de sa vie, Serge s'installera dans une suite de l'hôtel Raphaël, proche de l'Étoile, pour travailler au calme et se reposer. Charlotte y vivra un temps avec lui, pendant le tournage de Charlotte for Ever.

23Cimetière Montparnasse

3, boulevard Edgar Quinet - 75014 Paris

Au cimetière du Montparnasse, la tombe de Serge Gainsbourg - 1ère division, 1ère section - est aussi celle de ses parents, Olga et Joseph Ginsburg.
Serge a été inhumé le 7 mars 1991.
Beaucoup de passants viennent encore fleurir sa tombe, jeter des mégots de cigarettes ou lui déposer un poème. Elle est certainement l’une des tombes les plus visitées du cimetière et l'une des plus vivantes.

24Castel

15, rue Princesse - 75006 Paris

Serge Gainsbourg aimait griller ses clopes dans le fumoir du club privé Castel. Lui est parti, mais le piano à queue sur lequel il a joué est toujours là…

Il aimait aussi dîner chez Raspoutine - 58, rue de Bassano, dans le 8ème
ou chez Maxim's - 3, rue Royale, dans le 8ème
et prendre des verres au Lutetia - 45, boulevard Raspail, dans le 6ème
chez Régine - 49, rue de Ponthieu, dans le 8ème
au bar Hemingway du Ritz - 15, place Vendôme, dans le 1er
ou encore au Don Camilo, sa deuxième maison - 10, rue des Saints-Pères, dans le 7ème.

25Bistrot de Paris

33, rue de Lille - 75007 Paris

Le bistrot de Paris est incontestablement l’une des adresses fétiches de Serge Gainsbourg. Il y avait ses habitudes et même sa table, la n°46, juste en face du bar.
On pouvait le croiser, accompagné de personnalités comme Michel Drucker, Jacques Dutronc, Alain Bashung ou encore sa fille Charlotte et sa compagne Bambou. Il y passera même la veille de sa mort, amaigri et affaibli, pour y boire un porto… cul-sec

26Musée Grévin

10, boulevard Montmartre - 75009 Paris
Serge Gainsbourg a bien sa statue de cire au musée Grévin. Pas forcément la plus réussie.

27Porte des Lilas

9, avenue de la Porte des Lilas - 75019 Paris

A la Porte des Lilas, au-dessus du périphérique, un jardin public de 15 000 m² porte le nom de Serge Gainsbourg depuis juillet 2010.

Non loin de là, sur la commune des Lilas, il est prévu qu'une station de métro de la ligne 11 porte également son nom en 2019.
Avec une statue en plus !

2018-05-09 08:08:00