L'Occupation

Le 11 juin 1940, Paris est déclarée ville ouverte, n'opposant de ce fait aucune résistance à l'ennemi. Le 14 juin, l’armée allemande entre dans la ville, vidée des deux tiers de ses habitants. Paris cesse d’être la capitale du pays, et devient le siège du commandement militaire allemand en France. Cela va durer quatre longues années.

TOUS LES LIEUX

En jaune, les lieux les plus intéressants

1Chambre des Députés

126, rue de l'Université - 75007 Paris

Dès l'installation du régime de Vichy, la Chambre des Députés est déclarée vacante.
Le bâtiment est occupé par le haut-commandement militaire allemand et par un tribunal militaire. Beaucoup de fonctionnaires allemands y travaillent.
Sur la façade, une grande banderole proclame : "L’Allemagne vainc sur tous les fronts".

2Hôtel Majestic

30, rue La Pérouse - 75016 Paris

D'octobre 1940 à juillet 1944, l'hôtel Majestic est occupé par le siège du haut commandement militaire allemand en France, dirigé par les généraux et cousins Otto et Carl-Heinrich von Stülpnagel.
Des combats âpres et difficiles y ont lieu durant 
Libération de Paris.

A l'époque, un immense blockhaus, contigu à l'hôtel et aménagé par les Allemands, donnait sur la rue La Pérouse, derrière l'hôtel. Il a été détruit en 1971.
Aujourd'hui, l'hôtel s'appelle "The Peninsula Paris".

3Hôtel Le Meurice

228, rue de Rivoli - 75001 Paris

A la fois de quartier général à l'armée allemande, et logement de fonction du général Dietrich von Choltitz, commandant de Paris.

4Hôtel George V

31, avenue George V - 75008 Paris

L'hôtel George V est occupé par le quartier général de l’armée de terre allemande.

5Hôtel Ritz

15, place Vendôme - 75001 Paris

L'hôtel est réquisitionné par les Allemands pour être le siège de la Luftwaffe - l'armée de l'air nazie - et y recevoir les invités du Führer.
Contrairement à d'autres grands hôtels de la capitale, le Ritz reste ouvert pendant l’Occupation. Si Hitler n’y a pas été vu, Hermann Göring - morphinomane notoire - habite la suite impériale et enrichit tous les jours sa collection de bijoux et de tableaux pillés dans les musées.

6Place de l'Opéra

2, place de l'Opéra - 75002 Paris

A l'angle de la rue du 4-Septembre et de l'avenue de l'Opéra, se trouvait le siège de la Kommandantur.

7Place de la Concorde

10, place de la Concorde - 75008 Paris

L'hôtel de Crillon est le siège du gouverneur militaire de Paris, de la Feldgendarmerie - police militaire allemande - et du tribunal militaire de la Kommandantur, structure de commandement de l'armée allemande.
Il sert aussi de logement à certains officiers allemands.

L'hôtel de la Marine, juste à côté, était occupé par la Kriegsmarine, marine de guerre allemande.

8Hôtel Lutetia

45, boulevard Raspail - 75006 Paris

Construit par le propriétaire du magasin Le Bon Marché pour y loger sa clientèle, l'hôtel Lutetia est le premier hôtel art déco à Paris.
Pendant l'occupation, il est occupé par l’Abwehr - service de renseignements de la Wehrmacht - qui fait la chasse aux résistants.
Le Lutetia devient donc le symbole de l’oppression nazie.

En août 1944, à la Libération, l’hôtel est réquisitionné par le général de Gaulle pour être le centre d’accueil des déportés, de retour à Paris.
Une plaque sur la façade de l'hôtel rappelle cette période.

9Palais du Luxembourg

15, rue de Vaugirard - 75015 Paris

Le Palais du Luxembourg est occupé pendant quatre ans par l'état-major général de la Luftwaffe, l'armée de l'air allemande.
U
n abri souterrain à 14 mètres au dessous du sol est construit, qui fera office de poste de commandement.
Les effectifs en place sont d'environ 1 500 personnes.

10Champs-Elysées

52, avenue des Champs-Élysées - 75008 Paris

Au 52 avenue des Champs Elysées, sont installés les services de propagande allemande du Grand-Paris : la Propaganda-Staffel.
Ces services se divisent en huit secteurs : la presse, la radio, le cinéma, la musique, le théâtre, la littérature, la propagande active, l’administration.

52, avenue des Champs-Elysées
52, avenue des Champs-Elysées

11Palais de Chaillot

1, place du Trocadéro et du 11 Novembre - 75016 Paris

Pendant toute la période de l'Occupation, le Palais de Chaillot est un centre névralgique de la propagande nazie.
Les meetings s'y succèdent, comme celui de la Waffen SS française, la 
Légion des volontaires français contre le Bolchevisme - mouvement collaborationniste - et la Milice française en mars 1944.
Ou encore celui du Rassemblement National Populaire (RNP) en septembre 1943.

Le Palais est aussi un centre culturel allemand où l'orchestre de l'Opéra de Berlin donne un concert de Wagner en juin 1941.
On ne peut pas oublier non plus que c'est là que Hitler est venu lorsqu'il a rapidement visité Paris le 23 juin 1940.

12Grand Palais

3, avenue du Général Eisenhower - 75008 Paris

Le Grand Palais devient un espace d’expositions de propagande nazie.
Plusieurs manifestations d'ampleur s'y déroulent entre 1941 et 1944.

A noter qu'à cette période, le palais de l'Elysée - juste en face - est purement et simplement fermé. Il devient un palais fantôme.

13Radio Paris

116 bis, avenue des Champs-Élysées - 75008 Paris

Au 116 bis avenue des Champs Elysées, se trouve le siège de Radio-Paris.
Cette radio de la collaboration est un organe de propagande au service des nazis. Elle présente 3 types de programmes : les actualités, la musique classique et les variétés.
L’humoriste Pierre Dac le dénonce sur l’air de la Cucaracha, en chantant : "Radio-Paris ment, Radio-Paris ment, Radio-Paris est allemand".

A la même adresse, se trouve le cinéma Normandie, réservé exclusivement aux soldats allemands.

14Rue des Saussaies

11, rue des Saussaies - 75008 Paris

L'immeuble du 11 rue des Saussaies devient, en 1940, le siège de la Police de Sûreté Allemande, épicentre de la terreur nazie. 
La Gestapo parisienne y menait la majorité de ses interrogatoires, sous la direction du nazi Kurt Lischka.

Les locaux sont aujourd'hui occupés par le ministère de l'Intérieur qui a conservé quatre des geôles utilisées à l'époque. On y accède par un couloir qui rend hommage aux résistants emprisonnés et torturés là. Les inscriptions des malheureux sur les murs ont également été conservées.
On ne peut visiter ce lieu qu'à l'occasion des Journées du Patrimoine.

15Avenue Foch

82, avenue Foch - 75016 Paris

Au 82-84-86 avenue Foch, se trouvent les immeubles qui abritaient le quartier général de la Gestapo à Paris.
Pour cette raison, l'artère est alors surnommée "Avenue Boche".
C'est là qu'a été torturé Pierre Brossolette, grand résistant, qui a préféré se jeter du 5ème étage pour ne pas parler.
Une plaque commémorative en son honneur a été posée dans les jardins au pied de l'immeuble.

Juste à côté, au 72, se trouve le siège de la Sipo-SD, police de sûreté allemande qui regroupe les services de police politique et de lutte contre la criminalité.

16Rue de la Pompe

180, rue de la Pompe - 75016 Paris

Au 180 rue de la Pompe, se trouvent des bureaux de la Gestapo, qui travaillent en lien avec ceux de l'avenue Foch.
Le site est appelé simplement "Rue de la Pompe". Il est dirigée par Friedrich Berger. 

La pose d'une plaque commémorative a été décidée par la Mairie de Paris. Elle n'y est pas encore...

180, rue de la Pompe
180, rue de la Pompe

17Rue Lauriston

93, rue Lauriston - 75016 Paris

Au 93 rue Lauriston, se trouvent les bureaux de la Gestapo française - appelée aussi La Carlingue - dirigée par Henri Chamberlain, dit Lafont, et Pierre Bonny. Aussi appelée "la bande à Bonny et Lafont".
Lafont est un bandit notoire. Evadé du bagne et traqué par la police française, il organise pour le compte des autorités allemandes la spoliation des richesses des Juifs déportés. En parallèle, il effectue des travaux d'espionnage au profit des Allemands et se rend peu à peu indispensable à la Gestapo allemande.
Dans sa tâche, il est aidé par l'ancien policier Pierre Bonny, jadis nommé "meilleur inspecteur de France", puis chassé de la police pour détournement de fonds et trafic d'influence.
Les 2 hommes sont à la tête d'une vingtaine de condamnés de droit commun, libérés à leur demande. Les bandits y côtoient les proxénètes, ou encore les mafiosi, dans une ambiance où la torture est chose commune. 
Cette officine est responsable de nombreux sévices.

18Affaires juives

31, avenue Foch - 75016 Paris

Au 31 bis de l'avenue Foch est installé un service de la Gestapo préposé aux Juifs.
Dirigé par le nazi Theodor Dannecker qui reçoit ses ordres directement d’Eichmann. Il est impliqué dans la planification et la mise en œuvre de la "solution finale" contre les Juifs de France.
C'est aussi là que se met en place l’organisation de la rafle du Vel d’Hiv’.

19Place des Petits Pères

1, place des Petits Pères - 75002 Paris

Le Commissariat général aux questions juives était installé place des Petits-Pèreschargé de préparer et d'appliquer la politique discriminatoire du régime de Vichy vis-à-vis des Juifs de France. Il compta jusqu’à 1200 employés.

Sa mission était de :
- proposer de nouveaux textes antisémites
- coordonner l’action des administrations françaises dans la politique anti-juive
- gérer et liquider les biens juifs
- organiser les mesures de police.

Xavier Vallat fut le premier commissaire général aux questions juives. Il entreprit de rédiger une longue série de textes antisémites, dont le second statut des Juifs et la loi du 22 juillet 1941 sur les spoliations.
En mai 1942, Xavier Vallat fut remplacé, sous la pression des Allemands, par Louis Darquier de Pellepoix, beaucoup plus pro-allemand. Darquier était un antisémite virulent et obsessionnel.

Une plaque rappelle cette épisode de l'Histoire, sur la façade de l'immeuble.

20Rue La Boétie

21, rue la Boétie - 75008 Paris

Le 21 rue La Boétie - immeuble appartenant à Paul Rosenberg, propriétaire d'une importante galerie d'art... et grand-père de Anne Sinclair - est réquisitionné pour devenir l’Institut d'Etudes des Questions juives. 
Il est officiellement inauguré le 11 mai 1941. C'est cet organisme qui organise l'exposition "Le Juif et la France" en septembre 1941.

Une plaque sur la façade fait référence à cette période.

21Vel d’Hiv

1, quai de Grenelle - 75015 Paris

Les 16 et 17 juillet 1942, se déroule la rafle du Vel' d'Hiv', qui voit l'arrestation de 13 152 Juifs parisiens, dont 4 115 enfants. Ils sont parqués au  vélodrome avant leur départ vers le camp de Drancy, puis les camps d'extermination nazis.
Moins de cent personnes, et aucun enfant, survivront à cette déportation.

Le Vel d'hiv a été détruit en 1959.
Une plaque sur le lieu de son ancien emplacement rend hommage aux victimes. Ainsi qu'un monument sur les quais, un peu plus haut. 
On trouve aussi un rappel de ce triste épisode dans la station de métro Bir Hakeim.

22Etoile

Place Charles de Gaulle - 75008 Paris

Le 11 novembre 1940, plusieurs milliers d'étudiants de la Sorbonne et de lycéens (environ 3000 personnes) se rassemblent sur les Champs Elysées pour déposer une gerbe sur la tombe du soldat inconnu
Ce geste est violemment réprimé par l'Occupant : 200 arrestations, emprisonnements, fermeture de la Sorbonne pour plusieurs semaines, et rafle de 1000 jeunes dans le Quartier latin quelques jours plus tard.
Cette manifestation est considérée comme le premier acte de résistance à Paris. Elle est rappelée par une plaque commémorative sous l'Arc de Triomphe.

En 1954, le président Coty fait poser une plaque commémorative au 156, avenue des Champs Elysées, à la sortie du RER.

23Métro Barbès

3, boulevard Barbès - 75018 Paris

Le 21 août 1941, l'attentat du métro Barbès est le premier commis par la Résistance à Paris sous l'Occupation allemande.
Un militaire de la Marine allemande, l'aspirant Alfons Moser, est tué par un jeune communiste, Pierre Georges - dit colonel Fabien.
Lui et ses camarades prennent aussitôt la fuite.
Près de 20 000 soldats allemands sont engagés dans la recherche des auteurs de l'attentat, qui ne seront jamais identifiés.

Un plaque commémorative est apposée sur un pilier du métro, à gauche des escaliers.

24Rue de Buci

Rue de Buci - 75006 Paris

En avril 1942, le PCF décide d'organiser des manifestations contre le rationnement.
Ainsi, le 31 mai, les entrepôts d'alimentation de la rue de Buci sont envahis par un groupe de femmes communistes qui veulent se réapproprier les provisions censées partir au front pour nourrir les soldats allemands. 
Mais l'opération échoue, la police intervient et arrête une vingtaine de personnes, parmi plusieurs femmes considérées comme meneuses. Les hommes, eux, sont fusillés dès le lendemain.

Rue de Buci
Rue de Buci

25Rue du Four

48, rue du Four - 75006 Paris

La première réunion en séance plénière du Conseil National de la Résistance se tient à Paris le 27 mai 1943, au premier étage du 48 rue du Four sous la présidence de Jean Moulin.
Il sera arrêté un mois plus tard à Caluire et mourra sur la route de son transfert en Allemagne.
Une plaque commémorative sera inaugurée par le général de Gaulle le 27 mai 1945.

26Rue de Solférino

10, rue de Solferino - 75007 Paris

Le ministre de l’Information Philippe Henriot, chargé de la propagande du régime de Vichy, est assassiné le 28 juin 1944 au siège du ministère,10 rue de Solférino par un membre de la Résistance : Charles Gonard - dit Morlot, futur Compagnon de la Libération.
Suite à cet assassinat, la Milice se livrera à de multiples exactions, dont l'exécution de Georges Mandel.

Le 10 rue de Solférino a longtemps été, ensuite, le siège du Parti Socialiste.

27Place de Fontenoy

3, place de Fontenoy - 75007 Paris
Le 25 février 1944, Léo Hamon et cinq membres des groupes du Mouvement de Libération nationale pénètrent dans le ministère du Travail et parviennent à brûler la majeure partie du fichier recensant les 200 000 jeunes Français susceptibles d'être envoyés au STO en Allemagne.
Le bâtiment est aujourd'hui occupé par la CNIL. Une plaque commémorative rappelle ce fait de bravoure.

28Caserne de Reuilly

71, boulevard Diderot - 75012 Paris

La Milice française utilise plusieurs bâtiments, comme la caserne de Reuilly, qui sert de centre de mobilisation.

Aujourd'hui transformée, la Caserne de Reuilly accueillera d’ici 2020 près de 600 nouveaux logements, une crèche, des commerces, des ateliers d’artistes et d’artisans, des locaux associatifs et un jardin ouvert au public.

29École militaire

1, place Joffre - 75007 Paris

Pendant l'Occupation, l'Ecole militaire est réquisitionnée par les Allemands pour en faire une caserne.
Juste à côté, rue de la Motte-Piquet, un restaurant est réservé aux soldats allemands.

30Le Grand Rex

1, boulevard Poissonnière - 75002 Paris

Durant l'Occupation, le Grand Rex est réquisitionné par l'armée allemande, qui le transforme en « Soldatenkino », le réservant ainsi à ses troupes de permissionnaires.
En 
septembre 1942 il est la cible d'un attentat à la bombe

31Maxim’s

3, rue Royale - 75008 Paris

Durant l'Occupation, le restaurant Maxim’s accueille le "Tout-Paris".
Goebbels pense un temps le réserver aux seuls Allemands, mais renonce finalement à cette idée.
Le 19 juillet 1940, Pierre Laval y rencontre les hauts dignitaires allemands et c’est là qu’ils jettent les bases de la collaboration.
Goering y a mangé parfois.

32Rue Chabanais

12, rue Chabanais - 75002 Paris

Le Chabanais faisait partie des cinq maisons closes parisiennes les plus réputées pour leur luxe et le choix de leurs prestataires féminines à Paris. Elle fut donc réquisitionnée pour les plaisirs et les loisirs des officiers du Reich en 1940.

Le Chabanais
Le Chabanais

33Rue de Provence

122, rue de Provence - 75008 Paris

Le One-Two-Two - célèbre maison close - est le lieu de détente de nombreux officiers de l'Armée allemande qui viennent profiter des services des jeunes pensionnaires.

34Porte Dauphine

45, avenue du Maréchal Fayolle - 75016 Paris

Près de la Porte Dauphine, se cache l’un des derniers blockhaus de Paris. Construit en 1941, il abritait alors un poste de commandement de la marine allemande. A partir de 1952, l’explorateur Paul-Emile Victor s'y installe pour préparer ses expéditions au Pôle Nord. Il s’en servira pendant près de cinq décennies.

Aujourd'hui, le blockhaus est abandonné, en attente d'une nouvelle affectation. A moins qu'il ne soit finalement détuit...

35Parc des expositions

2, place de la Porte de Versailles - 75015 Paris

Le parc des expositions de la porte de Versailles se transforme en un dépôt d’habillement de l’armée de terre allemande.

Porte de Versailles
Porte de Versailles

36Musée de la Préfecture de Police

4, rue de la Montagne Sainte Geneviève - 75005 Paris

Au musée de la Préfecture de Police, un espace est consacré à la période de l'Occupation.
La visite du musée est gratuite.

37Musée de l'Armée

129 Rue de Grenelle, 75007 Paris

Le musée de l'Armée - dans la Cour des Invalides - fait évidemment référence à Paris sous l'Occupation allemande, avec une salle dédiée à cette période.

2018-02-08 09:12:00